La zone mésophotique abrite des habitats essentiels pour des populations d’espèces benthiques fixées telles que les gorgones, le corail rouge et le corail noir mais aussi pour de nombreuses espèces de poissons. Ces habitats forment des « forêts animales » qui jouent un rôle crucial dans la structuration et le fonctionnement des écosystèmes marins. En parallèle, la pêche professionnelle et de loisir exercent une pression croissante sur ces zones, et leurs impacts restent insuffisamment évalués, bien que probablement considérables.
Le projet CANOPÉE propose une démarche pluridisciplinaire visant à :
- Cartographier la zone mésophotique et ses habitats,
- évaluer le statut de conservation des populations benthiques fixées, notamment les forêts de gorgones, de corail rouge et de corail noir,
- caractériser les communautés de poissons qui y vivent,
- quantifier l’impact des activités de pêche professionnelle et de plaisance,
- étudier l’environnement biogéochimique et physique influençant ces écosystèmes,
- communiquer auprès du public et des décideurs pour intégrer la zone mésophotique dans les politiques de protection et de conservation du milieu marin.
L’objectif final est d’appuyer la mise en place de mesures de conservation adaptées, en réponse aux directives des politiques publiques, et en intégrant la composante 3D du milieu et la prise en compte des enjeux climatiques, afin de préserver ces habitats refuges et assurer la pérennité des populations d’espèces ingénieures telles que les gorgones, ainsi que leurs communautés de poissons associées.
Pourquoi "CANOPÉE" ?
La zone mésophotique reste en grande partie invisible et méconnue. Pourtant, les observations réalisées à ces profondeurs révèlent des écosystèmes riches et structurés, loin d’un milieu uniforme ou déserté. Les images et données rapportées depuis ces profondeurs dévoilent des écosystèmes complexes, habités et dynamiques. Certains organismes benthiques à morphologie arborescente, tels que les gorgones, le corail rouge ou le corail noir, se développent à des densités suffisantes pour former de véritables paysages structurés en 3 dimensions, comparables aux forêts terrestres, et pour modifier les paramètres environnementaux pour créer des habitats particuliers.
Bien qu’appartenant au règne animal, ces formations sont désignées par la communauté scientifique sous le terme de « forêts animales marines ». À l’image des forêts continentales, elles offrent abri, ressources et zones de reproduction à de nombreuses espèces, jouant ainsi un rôle majeur dans le maintien et l’enrichissement de la biodiversité marine. On n’y rencontre ni oiseaux, ni singes, ni insectes, mais une vie marine foisonnante : des poissons, des crustacés, des mollusques, des coraux, des éponges, ou des bryozoaires, tous inféodés à la présence de ces forêts animales marines.
Le projet CANOPÉE tire son nom de cette analogie : celle d’une canopée marine, encore largement inexplorée, dont la compréhension est essentielle pour appréhender le fonctionnement de ces écosystèmes profonds.
